Amour bâclé
Jeunesse oblige
C’était l’année dernière encore Aux frontières de l’Allemagne Et de la Pologne d’abord Que j’ai vu cette belle femme Qui m’a de fait changé de sort Nous avons vécu une fièvre Trois mois durant dans de beaux draps De soie d’orge ou de baccarat Je ne regardais pas sur quoi Nous gagnions un bonheur superbe Elle était blanche, elle était rousse Elle avait toutes les couleurs Des femmes qu’on aime des douces Qui savent donner du bonheur Et brune et blanche et puis très rousse Elle m’aimait comme jamais Homme qui n’a su réfléchir Au bel amour du mois de mai Homme qui n’a su s’en suffire N’a pu imaginer, oui mais Elle m’aimait comme une femme Aime à aimer un homme qui S’en va s’en vient et ne désarme Sa vie qu’au gré de ses envies Un homme jeune et beau et fort Jeunesse attrait de ses appâts Pour qui un jour je l’ai quittée Elle a crié - ne t’en vas pas Mais la jeunesse m’a happé Et je l’ai suivie de ce pas De son cœur trop fidèle qui Au fond d’amour brûlait encore J’étais sûr de moi d’elle qui Espère aimer toujours plus fort Je l’ai quittée et pleure encore Elle avait fait une prière Ayant juré par tous les saints Du ciel de l’enfer de la terre De me rester fidèle en vain En fait elle ne croyait en rien Qu’en l’amour de notre lumière Elle avait fait une prière Devant mes pas fantomatiques Qui franchissaient la porte en fer Dans quelques lueurs trop mystiques Brillant dans ses yeux pathétiques - Va-t’en je t’aimerai tout le temps Elle avait fait une prière Que je n’avais su écouter Puisqu’elle s’adressait au père Pas au mari ni au baiser Premier de notre ministère Que j’avais voulu écourter Prière romance d’aujourd’hui Crevant les cieux et sans parole Reviens petit oiseau guéri Reviens de tous tes caracoles Au lit du passé je t’ai pris La porte s’est ouverte quand Dans ses yeux je l’ai regardée Ses yeux qui étaient morts d’avant Grinçaient d’horreur et sans baiser Je lui ai tourné le dos au vent Elle m’a rappelé cent fois Promettant un bonheur suprême Moi je voulais les cieux les lois Eternelles des grands poèmes Et suis parti aussi cent fois Un jour c’était à la maison Je lui ai dit - c’est mercredi Que je m’en vais et pour de bon De ses yeux brillants de dépit Elle m’a dit va-t’en pour de bon Mais alors va-t’en aujourd’hui Et c’est alors que sur la route Comme un chien je m’en suis allé Animal d’esprit et de doute Comme un chien un chien que j’étais J’ai pris sans mot dire la route Et puis je suis parti enfin Suivant les exemples terrestres Foi de poète ou de marin Je n’avais ni l’or ni le verbe Et pourtant suis parti enfin Des années durant j’ai erré Sans plus aimer aucune femme Car c’était elle que j’aimais Elle qui savait ma flamme Allumer et puis rallumer Aujourd’hui quand je pense à elle Je regrette ces années là Mon sort je l’ai connu par elle Lilas lilas lilas lilas Moi qui fus tout puis rien du tout Elle avait un physique d’aplomb Grande blonde reluisante Les cheveux tombant jusqu’au tronc Et pourtant blanche et pourtant grande Et portait des diamants au front Elle était blanche elle était rousse Elle avait toutes les couleurs Des femmes qu’on aime des douces Qui savent donner du bonheur Et brune et blanche et puis très rousse Adieu ma vie adieu ma France Et c’est moi qui t’ai reniée Adieu toutes mes espérances De vivre mes jeunes années Autrement que de déchéance


Le contraire de l’amour, c’est pas la haine.
C’est le « on verra demain » répété assez souvent pour que demain finisse par ne plus venir.
emphatique mais touchant et d" un tragique compréhensible, j ai vécu là même chose et j "en souffre encore..